Scientific Name:

Pterois miles

Nom commun:
Poisson-lion
Groupe taxonomique:
Poissons

Informations

Le poisson-lion, également appelé rascasse volante, se distingue par ses rayures brunes-orangées et blanches recouvrant sa tête et son corps ainsi que ses longues nageoires pectorales, ressemblant à des plumes. Il a également de longues tentacules charnues ou protubérances au-dessus des yeux et en-dessous de la bouche et de longues épines dorsales. Il peut atteindre jusqu’à 35 cm de largeur et sa taille maximale enregistrée en Méditerranée, est de 27,6 cm. Le poisson-lion a 18 épines venimeuses qu’il utilise pour se défendre contre les prédateurs : 13 longues épines venimeuses se situent le long du devant de la nageoire dorsale, située au-dessus du poisson. 2 petites épines vénéneuses se situent sur les nageoires pelviennes (sur chaque côté), elles se trouvent en bas du poisson proches de sa tête, et 3 autres épines vénéneuses se situent le long de la partie avant de la nageoire anale, près de la queue. Les larges nageoires pectorales qui ressemblent à des plumes et la nageoire caudale ne contiennent pas d’épines venimeuses.

Les poissons-lion sont visibles et faciles à repérer dans la nature. Ils peuvent tolérer de grandes variations de températures, de salinités et de profondeurs. En Méditerranée, il a été trouvé associé aux substrate naturels et artificiels : brises-vagues, épaves (métal, bois), rocailles, coralligène et fonds rocheux à des profondeurs comprises entre 2 et 35 mètres, tandis que dans d’autres mers, il apparaît dans le sable, la mangrove, les herbiers, les coraux, les récifs artificiels (comme les épaves), les fissures et les crevasses rocheuses à partir d’environ 10 à 55m de profondeur (quelques sources indiquent une plus grande profondeur). Ils sont connus pour être des chasseurs nocturnes, se repliant dans les rebords et les crevasses parmi les rochers et d’autres structures, mais ils ont été observés en train de s’activer pendant la journée, à la fois seuls et en petit groupe. Ils sont très fidèles à un lieu. Ce qui signifie que lorsqu’ils ont trouvé un habitat approprié à l’âge adulte, ils ont tendance à y rester.

Il a été observé dans d’autres mers (aire de répartition naturelle et aires envahies) que le poisson lion peut atteindre la maturité en moins d’un an et pondre plusieurs fois par an. Les femelles libèrent des masses d’œufs gélatineux, allant jusqu’à 30 000 œufs qui flottent et peuvent dériver en mer pendant au moins un mois.

Il n’y a pas d’espèces indigènes similaires en Méditerranée. Son plus proche parent, le P. volitans (poisson-lion rouge), espèce également très envahissante, n’a pas encore été enregistré jusqu’à présent en mer Méditerranée. Ces deux espèces sont quasiment indifférenciables morphologiquement, sauf concernant le nombre d’épines sur les nageoires dorsales ou le nombre de rayures (10 rayures sur le P. miles et 11 sur le P. volitans), le nombre d’épines sur les nageoires anales (6 sur le P. miles et 7 sur le P. volitans) et la largeur de la nageoire pectorale atteint le milieu de la base de la nageoire anale sur le P. miles, mais ce n’est pas le cas sur le P. volitans. Parmi les autres espèces de poissons lion, P. miles ressemble au Pterois radiata, un autre poisson indigène de la mer Rouge. Ce dernier se distingue par les deux bandes blanches à la base de la nageoire caudale et l’absence de marques sur ses nageoires pectorales.

Pterois miles Similar Species (0010) FR
Pterois radiata
Pterois miles Similar Species (0020) FR
Pterois volitans
Pterois miles Similar Species (0030) FR
Pterois volitans
Pterois miles Similar Species (0040) FR
Pterois volitans

Le premier spécimen de poisson-lion a été enregistré á la baie d’Haifa en Israël, en 1991. Dix années plus tard, l’espèce a été enregistrée dans la partie Nord du Liban (2012), au large de Chypre (2013), dans la baie d’Iskenderun (Kaleköy, 2014) et récemment dans l’AMP de Kas-Kekova en Turquie. En dehors de la Méditerranée, il y a eu une invasion progressive et spectaculaire le long des côtes Est des Etats-Unis, des Caraïbes et du Golfe du Mexique. En tenant compte de ces observations et en sachant que le poisson-lion est un poisson commun en mer Rouge, il a été avancé que le Canal de Suez est la voie la plus probable pour l’introduction de cette espèce en Méditerranée.

Pterois miles est un chasseur actif qui utilise souvent ses nageoires pectorales pour piéger ces proies dans un recoin. Les juvéniles mangent principalement des invertébrés mais changent pour un régime dominé par du poisson lorsqu’ils grandissent. Les principaux effets préjudiciables de l’invasion des poissons-lion (à la fois P. miles et P. volitans) sur la diversité et les fonctions des communautés indigènes ont été bien documentées en Amérique et aux Caraïbes. Etant donné que les poissons-lion sont hautement piscivores, ils peuvent avoir la capacité de réduire le nombre de poissons juvéniles et peuvent supplanter la nourriture et l’habitat des prédateurs indigènes tels que les vivaneaux ou les mérous. Dans les zones tropicales qu’il a envahies, il a également été démontré qu’il contribue à la croissance des algues en réduisant la population des poissons de pâturage.

A partir des impacts de cette espèce envahissante d´ailleurs, le poisson-lion peut avoir un impact sur l’économie en réduisant les populations de mérous et d’autres espèces commerciales prisées, et peut par conséquent nuire aux économies des communautés côtières dépendantes de la pêche. Les poissons-lion peuvent également impacter le tourisme local et en particulier la plongée, car ils sont très venimeux. Néanmoins, le poisson-lion est consommé dans certaines zones de son aire de répartition naturelle et aux Etats-Unis et il est plus souvent connu pour être un poisson d’aquarium prisé.

Pour la Méditerranée, cela doit inclure a) la création d’une campagne de sensibilisation du public sur cette menace grandissante où elle a été observée, b) une éradication précoce des nouvelles populations par des techniciens des AMP et des plongeurs récréationnels par la pêche à la main (filets à main, harponnage ou capture sur le crochet et à la ligne) et c) la promotion de la récolte par les communautés de pêcheurs car la viande de poisson-lion est connue pour être commercialisée ailleurs (la chair de poisson-lion n’est pas venimeuse ou empoisonnée). Le poisson-lion doit être gérer prudemment, en portant des gants épais afin de prévenir les lésions. Les épines venimeuses peuvent être retirées en les coupant soigneusement avec des ciseaux, ce qui permet de faciliter le transport du poisson en toute sécurité. A moins qu’une personne ne soit allergique au venin, les épines des poissons-lion sont très rarement fatales. Les piqûres peuvent être très douloureuses, causer des engourdissements, des gonflements et même des paralysies temporaires. Elles doivent être traitées par immersion de la blessure dans de l’eau légèrement chaude durant 30 à 90 minutes et un médecin doit être consulté.

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Invasive lionfish webportal http://lionfish.gcfi.org/

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